Monthly Archives: janvier 2014

L’écoute musicale hors-connexion

OfflineListening_ByImageryMajestic_CST publié 01/27/2014

Par Jean-Robert Bisaillon

La toile pullule d’articles qui portent sur les nouveaux services de « streaming », ou, si vous préférez, de Web diffusion et de diffusion en flux numérique de la musique. Plusieurs artistes sont furieux à l’égard de ces services qui offrent une très faible rémunération (http://www.digitalmusicnews.com/permalink/2013/12/02/artistspiracy). Par contre, peu d’articles et d’espace sont consacrés aux effets d’un forfait nouveau, disponible grâce à ces services : l’écoute hors-connexion. Quel est l’impact de ce type de service sur la chaîne de valeur de la musique?

En anglais, on évoque ce nouveau type de consommation musicale par les termes Tethered Download, Limited Download, Standalone Portable Use ou encore Offline Mode. En français, il s’agira d’écoute hors-connexion, de forfaits mobiles ou de téléchargements limités (terme employé par CSI Inc.). En gros et fort simplement, il s’agit de la possibilité absolument formidable de pouvoir placer de la musique dans la mémoire tampon de son appareil portable afin de pouvoir l’écouter sans avoir recours à une connexion au réseau, que l’on soit dans le métro, dans la voiture ou que l’on fasse son jogging.

Il s’agit selon moi d’une évolution marquante qui se situe dans la lignée des mutations de supports physiques. On compare souvent l’écoute en streaming à une radiodiffusion et cela, même si nous pouvons désormais choisir le contenu de la station morceau par morceau. C’est déjà là un atout notable qui vient perturber les modèles de la radiodiffusion. Toutefois, lorsqu’il devient possible de sectionner notre lien au réseau pour se balader avec notre musique, c’est bel et bien le rapport au support physique de la musique qui subit une mutation. Le CD coûtait 20$ et l’album complet en téléchargement permanent affichait un prix de 9,99$. Dans le cas présent, nous avons plutôt affaire à un modèle dont le tarif est de 10$ ou 15$ par mois, qui permet de choisir au besoin dans sa collection avant de quitter la maison, et d’avoir accès virtuellement à n’importe quel album, sans être connecté à Internet. Le modèle du téléchargement permanent n’a désormais plus rien à offrir pour se démarquer.

Les services suivants proposent l’écoute hors-connexion : Slacker Radio Plus, Slacker Premium Radio, MOG Primo, Spotify Premium, Google Play Music Locker, Deezer Premium Plus, Rdio Unlimited/Illimité et Zik Mobile.

TABLEAU 1 (pièce jointe) Source : Jean-Robert Bisaillon
Streaming-Royalties Chart-EN
Légende : Le tableau 1 montre un extrait d’un état de compte d’un agrégateur de renommée mondiale à une maison de disques cliente. La redevance pour un téléchargement permanent iTunes se situe, comme nous le savons déjà, autour d’un demi-euro (0,50) ou 50% du prix du service au consommateur. La redevance Deezer Premium Plus se situe autour d’un centime d’euro (0,009) soit 50 fois moins, et la redevance Spotify Mobile est à un demi-centime d’euro (0,005) ou 100 fois moins.

Le Tableau 1 montre que l’écoute hors-connexion propose des taux de redevances à peine plus élevés que ceux de l’écoute en streaming captive d’une connexion, parfois jusqu’à 100 fois moindres que ce que nous connaissions avec le modèle iTunes.

Combien chaque consommateur place-t-il et conserve-t-il effectivement de chansons en mémoire tampon par mois dans son téléphone portable en lien avec son abonnement à 10,00 €? Aux taux actuels, le consommateur peut stocker jusqu’à 2000 pistes (ou près de 150 albums) avant d’atteindre la valeur d’un seul album téléchargé de façon permanente sur iTunes. C’est un gain substantiel pour le consommateur, mais la question que nous nous posons est plutôt s’il le fait ou non. Si cette pratique n’atteint pas dans les faits de tels seuils, nous questionnerons alors le taux de remise offert par les services de streaming hors-connexion. De plus, la valeur se déplace clairement vers la capacité de stockage des appareils mobiles.

À une époque où les logiciels permettent le décompte exact des écoutes et la durée de rétention des fichiers dans une mémoire tampon, pourquoi les consommateurs ne sont-ils pas facturés à l’usage, après le dépassement d’un seuil donné – disons 30 albums hors-connexion par mois – et pourquoi la redevance est-elle rognée de virtuellement 100% pour rémunérer un usage somme toute assez analogue à celui d’une prestation iTunes de téléchargement permanent? Certes les coûts d’opération de ces services sont élevés, on s’en doute bien, puisque le buffet est littéralement ouvert! La concurrence est extrêmement féroce dans le marché de la musique numérisée, un bien non-rival rappelons-le (c’est-à-dire que les copies et l’offre existent à l’infini). Mais le véritable problème est que l’atteinte de la rentabilité de ces services, comme celle des fabricants d’appareils mobiles, se fait clairement sur le dos des créateurs.

Dans les faits, les consommateurs n’ont pas un besoin infini de musique – le nombre d’heures disponibles pour l’écoute musicale n’est pas élastique à ce point. Il faut aussi digérer un peu. L’avenir va finir par nous contraindre à revoir le contrat social désormais rompu entre les artistes et le public. D’ici là, il faut que de nouvelles règles se mettent en place pour éviter la prévalence de tels tarifs toxiques pour l’écosystème musical.

Deux façons de bien faire…

LicensingMusic_2_CS publié 01/17/2014

Par Jennifer Brown

Si vous êtes en affaires, il y a de fortes chances que vous sachiez déjà que la musique de fond est un atout précieux pour votre entreprise.

La musique attire les clients dans votre magasin, restaurant, bar, club ou tout établissement semblable. La musique peut être ciblée vers vos clients de manière à ce qu’il se sentent immédiatement les bienvenus. Elle peut les inciter à rester plus longtemps et à acheter plus de produits ou services. Elle peut même les amener à mieux apprécier leur expérience de consommateur dans votre entreprise. Si vous souhaitez savoir comment la musique peut réellement accroître vos ventes et rehausser le moral de vos employés, visitez le site web de MusicWorks.

Si vous utilisez de la musique dans votre entreprise, voici quelques façons pratiques d’obtenir une licence de la SOCAN pour la musique de fond.

Si vous aimez faire jouer une liste de pièces ou donner une saveur musicale personnelle à votre espace commercial, vous pouvez faire jouer des CD, un iPod, la radio, une station de radio ou de télévision Internet . Si vous optez pour cette approche, il vous suffit de verser une somme modeste, une fois par année, en fonction de la taille de votre établissement. C’est facile, et vous pouvez présenter votre rapport et payer en ligne (faites défiler jusqu’au tarif 15A, « Musique de fond »).

La SOCAN veillera à ce que ceux qui ont écrit ou publié cette musique, ou qui autrement en possèdent les droits d’exécution, soient rémunérés équitablement pour leur travail. Tout comme les entreprises qui font jouer leur musique, les auteurs-compositeurs travaillent pour gagner leur vie grâce à leur talent.

Ou si vous le préférez, vous pouvez confier la sélection musicale à un fournisseur de musique de fond, lequel se chargera également d’obtenir la licence. Ces services personnalisent les choix musicaux en fonction de vos clients et de l’atmosphère que vous souhaitez donner à votre espace.

De nombreux fournisseurs de musique de fond peuvent préparer différents choix musicaux pour les différentes heures du jour ou les différents espaces de votre commerce afin de maximiser la satisfaction de vos clients. Ils vous offrirons diverses options d’abonnement selon vos besoins. Votre abonnement comprend votre licence de la SOCAN et nous travaillons avec ces fournisseurs pour vous simplifier la vie. Pour de plus amples informations, cliquez ici et faites défiler jusqu’au tarif 16 « Fournisseurs de musique de fond ».

Au Canada, la SOCAN représente les droits des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, alors qu’une organisation appelée Ré:Sonne représente les droits des interprètes (les musiciens ou chanteurs qui interprètent ces œuvres) et des maisons de disques (les entreprises qui réalisent et distribuent les enregistrements). Une licence de Ré:Sonne comprend également votre abonnement à ces services de musique de fond, ce qui accroît sa valeur selon le principe du « guichet unique ».

Que vous utilisiez un service par abonnement ou que vous fassiez jouer vos propres choix musicaux sur vos appareils, vous fournirez une rémunération juste et équitable – ainsi qu’un moyen de subsistance – aux auteurs, aux compositeurs et aux éditeurs qui vous offrent cette musique qui accroît la valeur de vos affaires.

Si vous utilisez de la musique, c’est la façon de bien faire

Les redevances de la SOCAN : gagne-pain essentiel des créateurs

Songwriting_3_CST publié 01/14/2014

Par Kit Wheeler

L’une des idées fausses les plus répandues sur la SOCAN veut que les redevances d’exécution qu’elle perçoit sont versées le plus souvent aux membres vedettes, aux artistes accomplis comme Luc Plamondon, Avril Lavigne, Leonard Cohen, Michael Bublé, Céline Dion, Chad Kroeger ou Sarah McLachlan, entre autres.

Mais en réalité, seulement environ 20 pour cent des membres de la SOCAN sont à « revenus élevés ». Les 80 pour cent restants sont le plus souvent des auteurs-compositeurs qui travaillent quotidiennement très fort afin de gagner leur vie. Parfois, ces auteurs-compositeurs ne sont pas des artistes du disque ou de la scène, ce qui fait que leurs redevances de la SOCAN ne sont pas seulement une partie de leurs revenus, mais bien leurs seuls salaires. De plus, il n’y a aucune garantie que leur musique soit enregistrée ou exécutée en public pour effectivement gagner ces redevances.

Alors, comment font ces auteurs-compositeurs méconnus pour gagner leur vie grâce à la SOCAN?

Lorsque vous entendez une chanson à la radio, de la musique dans une émission de télévision ou dans un film, ceux qui ont écrit cette musique ou cette chanson reçoivent des redevances. La SOCAN paye ces redevances aux créateurs et aux éditeurs de la musique utilisée dans les émissions de télévision, du câble, de la radio, de la radio par satellite, dans les films au cinéma et dans les hôtels, en concert et diffusée en continu sur Internet.

Plus précisément :

  • Il y a de la musique utilisée dans presque chaque émission de télévision et du câble. La SOCAN prend note de toutes les émissions diffusées au Canada et de toutes les musiques qu’elles contiennent, ainsi que de toutes les personnes ayant participé à la création de cette musique pour s’assurer qu’elles recevront des redevances.
  • Pour les chansons entendues à la radio – que ce soit sur une station commerciale, à la radio par satellite ou universitaire – la SOCAN paiera des redevances aux auteurs-compositeurs et aux éditeurs de musique pour ces exécutions.
  • Pour les prestations musicales sur scène dans une grande salle de concert, lors d’un festival d’une fin de semaine d’été ou dans un petit bar, la SOCAN paient des redevances aux créateurs des chansons qui sont jouées.
  • Pour la musique utilisée dans des films visionnés au cinéma, des films loués, des services musicaux dans les hôtels et motels, et sur les chaînes de musique à la télévision par câble, la SOCAN perçoit des redevances d’exécution qui permettent aux auteurs-compositeurs et aux éditeurs de musique de gagner leur vie.
  • La source de revenu la plus récente et à la plus fort croissance pour les créateurs est l’Internet.  Les chansons diffusées en continu sur les services de musique en ligne et les vidéos de musique diffusées en continu sur YouTube sont toutes retracées et traitées par la SOCAN pour payer des redevances.
  • De la musique joue à peu près partout où l’on va : dans les restaurants, les bars, les clubs, chez le dentiste, dans les salons de coiffure, dans les ascenseurs, les halls d’hôtel, en attente au téléphone et ainsi de suite. La SOCAN émet des licences pour toutes ces utilisations de musique afin que les personnes souvent méconnues, qui travaillent avec acharnement pour créer toutes ces œuvres musicales, soient correctement rémunérées pour leurs efforts.

Après tout, les auteurs-compositeurs ne sont pas payés à l’heure, à la journée, à la semaine, au mois ou à l’année pour leur travail de création. C’est seulement quand leur musique est enfin utilisée et exécutée en public qu’ils commencent à récolter les bénéfices de leur travail. La SOCAN est là pour veiller à ce que ces auteurs-compositeurs, qui travaillent souvent dans l’ombre, soient payés quand leur musique joue – qu’ils puissent gagner leur vie grâce à leurs chansons, tout comme les grandes vedettes le font.