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La révolution numérique favorise un processus créatif précipité, moins talentueux

publié 10/12/2017

Par Miranda Mulholland

Formée classiquement en violon et en chant, Miranda Mulholland est très demandée pour son talent dans de nombreux styles musicaux. Elle est membre du duo Harrow Fair ainsi que du trio de violonistes Belle Starr, en plus de faire des apparitions occasionnelles dans le spectacle de violons Bowfire. Elole est devenu le vaisseau amiral de sa propre maison de disque, Roaring Girl Records; elle a établi le festival de musique Sawdust City dans la ville historique de Gravenhurst, en Ontario; elle est membre du conseil des gouverneurs du Massey Hall/Roy Thomson Hall; et elle siège au conseil de la Canadian Independent Music Association (CIMA).

J’adore regarder les ébauches d’une œuvre d’art. J’adore les premières versions d’une nouvelle, d’une chanson ou d’un poème. J’adore les esquisses d’une toile. Récemment, j’ai vu une esquisse à l’huile de la toile « The Haywain » de John Constable au Victoria and Albert Museum, à Londres.
On y dénote évidemment le talent de l’artiste, mais ce qui frappe, lorsqu’on la compare avec l’œuvre finale qui est exposée à la National Gallery, c’est la réflexion, les décisions et la composition qui sont entrées dans la création de cette œuvre finale. Je préfère presque l’esquisse.

David Galenson, un économiste spécialisé en art, a abordé le processus de création. Il établit une différence entre l’éclair de génie et le laborieux processus de création. On entend souvent parler du premier cas, ce qu’il appelle les « innovateurs conceptuels ». Ces auteurs-compositeurs qui ont écrit un succès No. 1 en quelques minutes. Ces peintres qui ont créé un chef-d’œuvre en quelques coups de pinceau. Cette idée remonte à la Grèce antique et à ses muses qui distribuent des idées de génie. Mais la notion que tout est créé de cette manière ignore le travail éreintant et les innombrables et minutieuses révisions derrière les créations de la majorité des artistes. Ceux-là, ce sont les « innovateurs expérimentaux ».

Il a fallu six ans à Leonard Cohen pour écrire « Hallelujah ». Bruce Springsteen a planché six mois sur les paroles de « Born to Run ». Margaret Mitchell a passé 10 ans à l’écriture de Gone with the Wind, tandis que Alistair Macleod a créé son merveilleux No Great Mischief en 13 ans.
Créer une œuvre d’art, c’est appliquer un certain scepticisme à ce qui est venu avant, ainsi que l’utilisation de sa curiosité, ce qui permet à l’imagination d’arriver à quelque chose d’entièrement nouveau grâce au talent. Dans notre monde où tout va de plus en plus vite, il est crucial d’utiliser une vision à long terme. Les gouvernements, les investisseurs, les éditeurs et les maisons de disque doivent garder à l’esprit que la plupart des artistes ont besoin de temps pour se développer, grandir, et réaliser leur vision.

Prenons l’exemple de Malcolm Gladwell, l’auteur de The Tipping Point : lorsqu’on lui demande de s’exprimer au sujet de la pression que l’industrie de l’édition exerce sur les auteurs pour qu’ils écrivent rapidement, il dit « Un travail de qualité requiert du temps. En tant qu’auteur, l’expérience des auteurs autour de moi démontre que ceux qui échouent sont ceux qui sont trop pressés. Le problème de la littérature aux États-Unis actuellement n’est pas un échec de quantitatif. C’est un échec qualitatif. »

Le climat social actuel est de plus en plus éloigné du temps et du talent. La notion que tout le monde peut enregistrer un album dans sa chambre à coucher et l’offrir gratuitement en téléchargement est, en théorie du moins, une forme de démocratisation, mais elle soulève une question : devriez-vous le faire simplement parce que vous le pouvez ? Il s’agit d’un véritable mouvement d’« amateurisation », un concept qui, lorsqu’on l’applique de manière pratique, est d’une valeur douteuse pour le consommateur.

Lorsque j’étais en secondaire 1, je faisais partie d’un quatuor à cordes qui jouait dans les mariages. Notre violoncelliste avait créé ce groupe et s’occupait de nos engagements. Elle était également la moins bonne du groupe, musicalement, et ne s’exerçait pas suffisamment à son instrument. Lors du dernier mariage durant lequel j’ai joué avec le quatuor, la mariée avait demandé que nous jouions le Canon de Pachelbel, une des pièces les plus demandées dans les mariages et une pièce que vous avez sûrement déjà entendue. La partition du violoncelle comporte huit notes jouées dans la même séquence tout au long de la pièce. Elle n’a même pas réussi à jouer cette séquence sans faire d’erreur et nous avons tous passés pour une bande d’amateurs. Après le mariage, j’ai tenté d’être diplomate et suggéré que nous répétions « en groupe » plus souvent avant de chercher de nouveaux engagements payants.

Sa réponse : la famille de la mariée semblait satisfaite et n’a pas remarqué ses erreurs. Et c’est là où j’ai un problème : on nous engage justement pour remarquer ces erreurs. On nous engage parce que nous sommes des experts, des arbitres du bon goût et du talent. Lorsque les termes de cette entente deviennent flous, la qualité en souffre. Les arbitres du bon goût respectés ont été éliminés par la diminution des budgets et remplacés par des algorithmes.

J’ai reçu des services plus que décevants de la part d’Uber et de Airbnb, j’ai lu des « nouvelles » vraiment mal écrites et des billets de blogue — ce soi-disant « journalisme citoyen » — qui se contentent de régurgiter des communiqués de presse, et je me suis demandé quand nous étions devenus si effrayés par le talent et l’expertise.

Les véritables arbitres du bon goût sont en voie d’extinction. La production de contenus a connu une croissance exponentielle au cours des 20 dernières années. La critique et le public sont submergés par les choix qui s’offrent à eux tandis qu’au même moment, les arbitres du bon goût sont mis à pied et remplacés par des amateurs.

L’un des supposés bénéfices de la révolution numérique dont nous sommes tous désormais bien conscients est le ciblage. Grâce aux vastes quantités de données récoltées à notre sujet, nous pouvons cibler notre auditoire avec une grande précision. Cette précision permet à des créneaux de marché très nichés de trouver leurs consommateurs.

Le hic, c’est que les niches de marché ne sont pas chose simple. Car puisque le système de diffusion en continu est fondé sur les parts de marché, la minuscule fraction de sou que vous touchez par diffusion diminue dramatiquement si votre musique n’est pas grand public. Moins on l’écoute, moins elle se retrouve dans les algorithmes de listes d’écoute et moins elle sera jouée, si elle l’est… Les niches de marché sont comme l’ourobouros, ce serpent qui mange sa propre queue. Non seulement ça, mais en raison de l’infime proportion du marché qu’elles représentent, elles sont parfois tout simplement oblitérées.

Pourtant, favoriser ces niches est important. Pourquoi ? Prenons l’exemple d’une langue : elles contiennent toutes des mots qui sont rarement utilisés. Ce ne sont pas des mots grand public. Mais ces mots expriment absolument et complètement un sentiment. Saviez-vous que le mot abstème signifie « qui ne boit pas de vin » ? Ce n’est pas un mot qu’on utilise fréquemment, mais je suis tout de même heureuse qu’il existe.

Lorsque nous limitons et entravons l’accès à ces mots, nous limitons notre pensée. Souvenez-vous de Winston Smith dans 1984, un roman qui est de plus en plus prophétique chaque jour. Son travail était de purger le dictionnaire de ses mots afin de limiter et de contrôler la pensée, créant ainsi la « novlangue ». Des outils comme les correcteurs et prédicteurs de texte accélèrent ce processus.

Je crois également que les algorithmes menacent de nous limiter et de nous contrôler. Leurs calculs sont basés sur des décisions que vous-même et des milliers de gens aux goûts similaires avez prises auparavant. Cela limite l’imagination, les découvertes inattendues, et les choix contre-intuitifs qui ont le pouvoir de changer radicalement notre façon de penser. Et n’est-ce pas justement là tout le pouvoir de l’art : changer notre façon de penser ?

Mais alors, quelle pièce maîtresse nous manque-t-il ? On la trouvera dans le processus de création artistique. C’est la clé de voûte de la créativité : l’imagination. L’imagination engendre le scepticisme, pas à travers le doute, mais à travers la curiosité. Elle nous permet de ne pas accepter les absolus et les idées reçues, elle nous permet d’entrevoir de nouvelles perspectives, de nouvelles solutions et de nouvelles réalités. Nous pouvons utiliser les outils que sont le scepticisme et la curiosité afin de prendre possession de nos propres décisions et accéder à de pensées, découvertes et inspiration nouvelles et excitantes.

Créer des pubs ciblées pour des nouvelles, de la musique, des suggestions de lecture et d’autres produits susceptibles de nous plaire est facile. Mais facile ne veut pas toujours dire bon. Nous nous devons d’être plus sceptiques que jamais et de reprendre possession du pouvoir d’être nos propres arbitres du bon goût.

Une crise, mais pas la fin d’une carrière

publié 05/30/2017

Par Unison Benevolent Fund

Le Fonds de bienfaisance Unison a commencé par une idée griffonnée sur une serviette en papier en 2009. Sous le choc d’un accident catastrophique qui a laissé un brillant musicien dans une situation désespérée, les vétérans de l’industrie de la musique Jodie Ferneyhough et Catharine Saxberg ont été témoins de l’incroyable compassion et de l’immense générosité de la communauté musicale canadienne, mais ils savaient qu’il était possible d’en faire encore plus pour offre un filet de sécurité aux membres de l’industrie qui se retrouvent en fâcheuse position. Huit ans plus tard, Unison est réellement devenu une ressource robuste pour les professionnels de l’industrie canadienne de la musique en situation de crise.

Tous les services offerts par Unison — counseling, soutien au mieux-être et aide financière d’urgence­sont offerts gratuitement et dans la plus grande discrétion. C’est pourquoi Unison est vraiment reconnaissante lorsqu’une personne témoigne publiquement de leur expérience et du rôle que l’organisation a joué dans leur vie. L’un des artistes qui l’a récemment fait est Kaleb Hikel, le compositeur et musicien derrière The Sun Harmonic. Nous vous présentons donc ses réflexions sur ce qui l’a mené vers Unison.

Comment avez-vous découvert le Fonds de bienfaisance Unison et que cherchiez-vous ?
On m’a recommandé Unison, un ami à moi qui est aussi dans l’industrie de la musique. On discutait pendant notre pause dîner de la douleur aux poignets que j’avais récemment commencé à ressentir tant à mon travail que lorsque je joue de la musique. À ce moment-là, je n’avais aucune idée de ce que ça signifiait et jusqu’où ça irait. On m’a diagnostiqué une tendinopathie au poignet gauche en août 2015 et deux mois plus tard au poignet droit. J’allais avoir besoin de soutien pour pouvoir quitter mon emploi et traverser la longue période de convalescence. Je savais que je n’arriverais pas seul à quitter mon emploi et cesser de jouer, écrire et enregistrer de la musique.

Quel soutien avez-vous reçu qui vous a été le plus bénéfique ?
J’ai passé tout mon temps à me concentrer sur la guérison des microtraumatismes répétés dont je souffrais aux deux poignets. Je me rendais dans une clinique de Toronto chaque semaine et Unison m’aidait à payer mes dépenses de base à la maison. Sans le soutien d’Unison, la seule autre option que j’aurais eue aurait été de démanteler mon studio et d’abandonner tous mes projets d’enregistrement. C’était une période très confuse.

Quelles ressources la communauté musicale canadienne aurait-elle pu fournir en soutien aux personnes qui se retrouvent dans des situations similaires à la vôtre ?
Je crois qu’il y a un certain tabou à parler de blessures ou de sacrifices mentaux ou physiques dans la carrière d’un musicien. On parle toujours d’inspiration, de transpiration et de détermination sur la scène musicale, mais notre corps et notre esprit paient pour tout ça. Je crois qu’il devrait y avoir plus de ressources afin de prévenir les blessures. Plus de présence aux conférences, festivals, en ligne, partout où se trouvent des musiciens qui n’ont pas encore subi de blessures.

Comment votre vie en tant que professionnel de l’industrie de la musique a-t-elle changé ou évoluée depuis que vous avez communiqué avec Unison.
Ma vie a régressé puis s’est réinventée et peut-être un peu revigoré depuis que j’ai communiqué avec Unison. Je suis passé d’une situation où je lançais mes projets autoproduits et partais en tournée d’un bout à l’autre du pays à celle de ne pas du tout pouvoir toucher mes instruments pendant trois mois entiers. Mon écriture a été grandement affectée, mais ironiquement, ça m’a inspiré, surtout que je ne pouvais qu’écrire et que je jouais très peu. Je ne suis pas encore officiellement remonté sur scène — je n’ai pas joué plus de trois chansons sur scène — depuis août 2015 alors que j’avais joué sur la plage à Grand Bend. J’espère remonter sur scène cette année afin de pouvoir partager toutes les émotions et les chansons que j’ai écrites durant cette longue, mais créative convalescence.

Des conseils ou des encouragements à transmettre aux gens qui songent à communiquer avec Unison ou un autre organisme du genre ?
Ce que j’ai trouvé le plus difficile c’est de prendre ça très au sérieux, très rapidement. Les luttes sont quotidiennes dans le domaine de la musique et dans la vie des musiciens indépendants, mais ma blessure s’est déclarée trop rapidement pour que je puisse planifier quoi que ce soit. J’ai dû me regarder dans le miroir et me dire, « ça pourrait être la fin de ta musique », afin de me convaincre qu’une pause valait mieux qu’une fin. J’encourage tous ceux qui sont sur le point de se blesser ou en convalescence de garder leur art à l’esprit. Continuez de créer, sans empirer votre blessure, bien entendu. Ce fut une des périodes les plus créatives de ma vie, et c’est quelque chose d’incroyablement positif qui est ressorti d’une période très négative de ma vie.

Pour en savoir plus sur les programmes gratuits et confidentiels offerts par Unison aux professionnels canadiens de la musique, ou pour faire un don, visitez le fondsunison.ca.

Comment aider les musiciens et les salles de spectacles à aller de l’avant ?

publié 02/14/2017

Par Shawn Wilson, CEO/Chef de la direction, Muzooka

Partout à travers le pays, les petites salles de spectacle en arrachent et le climat pour les scènes locales et à petite échelle au Canada est souvent très exigeant. Difficile pour ces salles d’être suffisamment rentables pour demeurer ouvertes tout en engageant — et en payant — les meilleurs musiciens pour jouer sur leurs scènes. Et il est souvent tout aussi difficile pour les musiciens de trouver des endroits où jouer en raison du nombre en constante diminution de salles. C’est d’autant plus important pour les musiciens, puisque l’importante perte de revenus attribuable à la montée du « streaming » est habituellement remplacée par les spectacles, ce qui signifie que ces derniers sont devenus un élément crucial — d’aucuns diraient le plus crucial — de leur capacité à vivre de leur art. À plus forte raison les artistes qui jouent d’ordinaire sur ces plus petites scènes locales.

Plusieurs croient que sans le soutien et les outils appropriés, nous pourrions bientôt faire face à une véritable crise dont les répercussions se feraient sentir dans les économies, la culture et les communautés locales. Tant les salles que les artistes ont besoin de meilleurs outils — plus rapides, plus simples, plus efficaces et moins dispendieux — afin de pouvoir consacrer plus de temps à leur véritable champ d’expertise, que ce soit créer de la musique ou gérer un établissement, et moins de temps sur des détails qui sont, la plupart du temps, ignorés tandis qu’on se croise les doigts que tout ira bien malgré tout.

Muzooka reconnaît, comprend et cherche à résoudre ces problèmes.

Le cœur de la plateforme numérique Muzooka est la Page de profil de l’artiste qui est le précieux lien entre les musiciens et les salles et festivals, permettant aux uns comme aux autres de se trouver et d’explorer les possibilités de travailler ensemble. La Page de profil d’artiste est une excellente façon pour les membres de la SOCAN de trouver des engagements, tandis que pour les salles et festivals, Autorisés à vous divertir par la SOCAN, c’est une excellente manière de découvrir de nouveaux talents. La Page de profil d’artiste met de l’avant tous les contenus nécessaires pour préparer la liste d’artistes d’un festival ou d’une salle de spectacle, tandis que l’outil de soumission de démo de Muzooka simplifie le processus d’engagement et de programmation. Les artistes, gérants et agents peuvent tous mettre leur information à jour instantanément sur les sites Web de plusieurs salles et festivals. Les artistes peuvent s’assurer que leurs contenus en ligne sont à jour, peu importe où ils ont été partagés ou intégrés.

L’autre outil qui est aussi utile aux artistes qu’aux diffuseurs et le créateur d’affiche numérique. À l’instar d’une affiche physique pour annoncer un concert, ce dernier permet d’annoncer tous les détails d’une prestation à venir. Par contre, ce penchant numérique permet en plus d’inclure des vidéos, des chansons ainsi que des liens vers les comptes de réseaux sociaux des artistes afin que les salles, les festivals, les autres artistes et les fans puissent partager cette affiche virtuelle rapidement et en toute simplicité.

Les affiches de spectacle virtuelles de Muzooka sont automatiquement ajoutées à la page Facebook d’une salle de spectacle. Les acheteurs potentiels de billets peuvent écouter les chansons et visionner les vidéos afin d’avoir un avant-goût du spectacle à venir. Les fans peuvent inviter leurs amis à écouter et voir leur artiste préféré et, ce qui compte avant tout, acheter des billets pour son spectacle. Un simple clic permet de créer une carte Twitter riche en médias à partir de l’affiche Muzooka tout en balisant les artistes et la salle. Ainsi, à l’intérieur même de Twitter, les fans ont la possibilité d’écouter les chansons vedettes de l’affiche, d’en apprendre plus sur l’événement et d’acheter des billets. Muzooka envoie également à l’artiste un courriel contenant une vidéo prête pour Instagram d’une durée de 15 secondes basée sur la vidéo en vedette de l’affiche et un texte en super où se trouvent tous les détails du spectacle ainsi que du texte prêt à copier-coller contenant les bonnes @mentions.

Et tout ça est absolument gratuit pour les musiciens et les diffuseurs.

Dans le cadre d’une autre initiative destinée à venir en aide aux musiciens et aux éditeurs de musique, Muzooka collabore étroitement avec la SOCAN sur des stratégies concernant son portail d’interface de programmation d’applications (API). Les interfaces de programmation d’applications (API) de la SOCAN offrent un potentiel de création de marchés pour des applications innovantes qui pourraient représenter une véritable révolution dans la manière dont les créateurs et éditeurs de musique collaborent avec la SOCAN pour être payés lorsque leur musique est diffusée.

La SOCAN a déjà lancé deux APIs, l’une pour la déclaration d’œuvres et l’autre pour la déclaration de concerts. La première permet aux développeurs de technologies de créer de nouvelles applications qui permettent aux créateurs de déclarer leurs œuvres avec une plus grande précision auprès de leurs éditeurs, maisons de disques, services numériques et de la SOCAN, tandis que la seconde permet aux développeurs de créer des applis qui permettent aux créateurs et éditeurs de musique de déclarer plus facilement leurs concerts à la SOCAN afin d’être payés plus rapidement et avec plus d’exactitude pour leurs prestations sur scène.

La SOCAN est à l’avant-plan de la transformation des droits musicaux, et Muzooka est fière de la soutenir en aidant ses membres et licenciés à être plus efficaces et productifs afin de leur permettre de se concentrer sur ce qu’ils font de mieux : créer et diffuser de la musique.

Survivre à un « non »

publié 12/13/2016

Par Savannah Leigh Wellman

L’impact positif des programmes de développement artistiques sur la scène musicale canadienne — bourses et concours de toute sorte — est indéniable. Les artistes qui se donnent la peine de comprendre cette industrie voient rapidement leur musique non seulement comme une forme d’art, un passe-temps ou une prise de risque, mais également comme une entreprise viable à l’intérieur de laquelle ils peuvent apprendre à utiliser certains outils pour bâtir leur carrière. Le financement accordé à un artiste est immédiatement réinvesti dans leur industrie. Les programmes comportant un volet de mentorat ou de rencontres professionnelles offrent des occasions inestimables de rencontrer des « initiés » et de créer des contacts qui, vraisemblablement, en d’autres circonstances, n’existeraient pas. Être sélectionné pour un programme ou une bourse est presque toujours un coup de pouce inespéré et un « boost » pour la confiance d’un artiste.

Mais que se passe-t-il lorsque le fait d’être laissé à l’écart de ces occasions provoque l’effet contraire : découragement et doute chez des personnes souvent déjà passablement autocritiques ? Cela peut créer des divisions au sein même de la communauté que ces programmes visent à soutenir, ou entraîner des jugements ou des sentiments que tout est dû à certaines personnes. Loin de dire que ces programmes ne devraient pas exister — ils jouent un rôle crucial dans les carrières des artistes émergents, rôle que les maisons de disques ne peuvent généralement plus remplir. La question se pose alors : comment pouvons-nous aider ces artistes rejetés à ressortir grandis de cette expérience, plutôt qu’abattus ?

Quiconque a déjà travaillé avec un artiste comprend qu’un esprit créatif est souvent un esprit sensible, et c’est précisément cette sensibilité qui rend un artiste intéressant pour son auditoire et ce qui lui confère sa perspective unique sur la condition humaine. Lorsque votre produit est si intime et personnel, les critiques peuvent paraître d’autant plus acérées, et les artistes en début de carrière n’ont pas toujours acquis les mécanismes de défense de leurs pairs plus expérimentés. Ils n’ont pas encore de légions d’admirateurs leur envoyant des messages de soutien ou des succès sur lesquels s’appuyer pour se rassurer, tout comme ils n’ont souvent pas encore d’agents ou d’équipe pour les aider à garder un esprit positif. Pour un artiste qui tente de percer seul, des blessures à la confiance en soi peuvent avoir des conséquences bien réelles.

D’abord, demandons-nous pourquoi le fait de ne pas être sélectionné pour un programme ou un autre est perçu comme une critique. Comment se fait-il qu’un artiste ne puisse pas simplement faire fi d’un refus et passer à un autre appel ? Je crois que c’est attribuable au fait que lorsque l’on met sa musique en jeu afin qu’elle soit jugée, critiquée et évaluée, il est pratiquement impossible de ne pas en faire une affaire personnelle. On se sent comme si quelqu’un examinait tout ce que nous nous sommes désâmés à créer pour ensuite décider que c’est sans valeur, alors qu’en réalité c’est tout simplement qu’il n’y a pas assez d’argent, de places dans la vitrine ou de prix à attribuer à tous ceux qui le méritent.

La chose la plus importante à garder à l’esprit lorsque vous mettez votre musique en jeu d’une manière ou d’une autre, c’est que l’art est intrinsèquement subjectif. Même s’il existe des lignes directrices pour en mesurer certaines composantes plus concrètes (une mélodie puissante, une réalisation professionnelle, des paroles captivantes), tout se résume, en fin de compte, à l’opinion d’un individu. D’ailleurs, l’industrie de la musique a-t-elle jamais été unanime sur ce qui est bon ou non ? Ce n’est pas parce qu’un petit groupe de personnes qui ont un pouvoir décisionnel sur votre demande ont jugé que votre musique n’était pas meilleure que celle qu’ils ont écoutée juste avant qu’un autre groupe sera du même avis.

Certains programmes offrent également des commentaires aux participants qui le désirent, et cela peut être fort utile pour avancer et s’améliorer. Tout est une question de savoir prendre les choses avec un grain de sel et, lorsque vous êtes d’accord avec certaines de ces suggestions, allez-y ! Suivez-les.

D’autres fois, plutôt que de provoquer de l’insécurité, un « non » va déclencher des sentiments de colère et une réaction défensive. « Mais j’ai fait ceci, et je mérite cela ! »  Ou encore un réflexe de comparaison : « Mais pourtant j’ai fait ceci, et pas eux ! » Ces états d’esprit engendrent de la négativité et de la compétitivité au sein d’une scène musicale, et ils peuvent même créer de la jalousie et du ressentiment envers des artistes qui autrement méritent tout notre soutien. Il est important de se souvenir que tout le monde trime dur et que le succès des autres n’enlève rien au vôtre.

Si vous êtes préoccupé pour une question de procédure ou de politique, que vous souhaitez vous assurer que certaines normes sont respectées, ou que les processus sont transparents et accessibles, il est avisé d’en discuter avec la personne responsable. Il est toutefois crucial de présenter vos arguments de manière impartiale et rationnelle et non pas comme une défense basée sur vos émotions. Ne mettez pas l’accent sur le fait que vous n’avez pas été retenu, mais sur la directive ou la politique qui vous semble contre-productive, ainsi qu’à d’autres artistes.

Nous avons une chance inouïe de vivre dans un pays comme le Canada qui soutient l’art et la culture ; c’est unique au monde. Et même si c’est parfois décourageant de faire des demandes de soutien et de ne pas être retenu, il est important de ne pas perdre de vue que la vraie raison pour laquelle vous avez commencé à faire de la musique : il y a fort à parier que votre objectif n’était pas de gagner des concours ou enregistrer des albums, mais seulement si quelqu’un d’autre en assumait les frais.

Tous les musiciens ont leurs histoires de rejet, mais ce sont ceux qui persévèrent qui ont les meilleures chances d’avoir une carrière couronnée de succès.

 

Savannah Leigh Wellman fut, pendant huit ans, directrice des programmes à la Music BC Industry Association et est elle-même artiste sous le nom de scène de SAVVIE, en plus d’être cofondatrice de Tiny Kingdom Management & Artist Services.

Mission commerciale CIMA 2016 à New York

publié 11/18/2016

Par Trisha Carter

Du 7 au 10 novembre 2016, la Canadian Independent Music Association (CIMA) s’est rendue dans la Grosse Pomme pour sa deuxième mission commerciale à New York intitulée « Music & The City That Never Sleeps ». Les délégués de nombreuses et importantes entreprises musicales canadiennes ont ainsi participé à trois journées intensives de rencontres en tête-à-tête, de tables rondes, d’ateliers et de visites d’entreprises technologiques. L’objectif de cette mission est d’offrir aux entreprises participantes des opportunités exclusives de percées considérables, rentables et structurées dans le marché new-yorkais de la musique.

Après une séance d’orientation le dimanche soir, la délégation CIMA est passée à l’action le lundi matin en commençant par une table ronde qui avait lieu au Coffee Shop World Room et qui se concentrait sur les spectacles et les tournées à New York. Nos participants ont ainsi pu obtenir de précieuses informations de la part d’invités tels que Nick Bodor (Cake Shop), Doug Croy (The Windish Agency), Mehmet Dede (Drom), Stephen Dima (Dima Presents) et Gary Fortune (Mondo NYC). Ils ont ensuite visité l’historique Gibson Showroom où a eu lieu une session présentée par l’appli de partage musical de l’heure, Cymbal.fm, suivi d’une visite de la salle d’exposition, le rêve de tout guitariste?!

Pour couronner chacune des trois journées, notre délégation a pu prendre part à des rencontres en tête-à-tête personnalisées et planifiées par notre consultant du marché local. Celles-ci avaient été planifiées après avoir consulté les participants sur leurs objectifs lors de cette mission commerciale.

Retour au travail, mardi matin, avec une nouvelle table ronde sur le monde complexe de la synchronisation et de l’édition en compagnie d’invités tels que Keith D’Arcy (Songs Publishing), Melissa Emert-Hutner (Kobalt Music Publishing), Matthew Evertsen (Moondog Music), Jedd Katrancha (Downtown Music Publishing) et Jedd Katrancha (mcgarrybowen). L’après-midi a été consacré à des visites et divers ateliers. Les délégués ont visité feature.fm — la seule plateforme publicitaire musicale réellement « native » — puis Next Big Sound, une firme d’analyse qui englobe tous les réseaux sociaux. Mardi en soirée, la délégation canadienne a eu la chance de participer à une expérience unique : vivre une présidentielle Américaine au cœur même de New York.

La dernière journée d’activités a une fois de plus débuté par une table ronde, cette fois-ci sur le marketing, les relations de presse et la radio en compagnie de Leigh Lust (Pledge Music), Mischa Pearlman (journaliste pigiste), Perry Serpa (Vicious Kid PR) et Marni Wandner (Sneak Attack Media). La dernière journée de visites a commencé par les bureaux de BandsinTown, une appli de diffusion de dates de tournées et nos délégués ont ainsi pu apprendre comment utiliser cet outil efficace au bénéfice de leurs artistes, agents et labels. Puis, direction Soundcloud Go, où les délégués ont pu prendre connaissance de la toute nouvelle appli mobile Soundcloud Go, récemment lancée au Canada, en plus d’apprendre quelques trucs pour tirer le plein profit de cet outil. Ce méga mercredi s’est conclu par la visite de Indaba Music, un outil de collaboration musicale en ligne.

Puis, historie de vraiment profiter de chaque instant d’apprentissage offert par ce séjour à New York, nous avons soupé avec Matthew Covey de Tamizdat et notre société sœur, A2IM, au Troy Liquor Bar, où notre délégation a pu en apprendre plus sur les défis et les percées du processus VISA actuellement en développement par plusieurs partenaires, dont la CIMA fait partie.

Pour conclure en beauté ces quelques jours d’information et de rencontres B2B, nous avons ensuite retrouvé nos partenaires commerciaux américains au Speakeasy Industry Mixer, toujours au Troy Liquor Bar, un événement organisé par Sneak Attack Media, Bandsintown, CIMA et la SOCAN.

La CIMA est ravie de pouvoir une fois de plus collaborer avec une merveilleuse équipe à New York en plus d’avoir eu la chance de voir l’un de nos commanditaires, Rodney Murphy de la SOCAN, se joindre à nous durant cette mission afin de nous offrir son soutien logistique.

La CIMA est est reconnaissante et remercie sincèrement ses généreux commanditaires et partenaires : Canadian Music Week (CMW), Corus Entertainment, Foundation Assisting Canadian Talent on Recordings (FACTOR), le gouvernement du Canada (via le Fonds de la musique du Canada), Affaires mondiales Canada (via le programme AMC), Harvard Broadcasting, Ontario Media Development Corporation (OMDC), Radio Starmaker Fund, Stingray Music et la Société canadienne des auteurs, compositeur et éditeurs de musique (SOCAN).